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J’aime motiver ceux qui partagent le même sort que moi, un peu comme si, d’un parterre de cyclamens piétinés par un sanglier, surgissait une petite voix chevrotant “il finira bien par se lasser, notre existence ne peut pas l’agacer autant que ça, si ?” J’ai donc eu envie d’écrire un petit mot d’encouragement à mes writing buddies, des copains de NaNoWriMo en quelque sorte, à certains parmi ces bagnards volontaires embarqués dans une même galère où ceux qui prennent l’eau peuvent être assis à côté d’enfoirés qui donnent l’impression de flotter naturellement parce qu’ils ont une bouée.

J’avais le chapeau du Sgt Hartman, je n’ai eu à louer que ses yeux exorbités pour un message privé presque tapé d’un jet.

La mauvaise nouvelle, c’est que je n’ai écrit que 1064 mots aujourd’hui (plus les environ 500 biffés de la veille), mais je reste dans l’ambiance du bouquin et garde un confort de 12659 mots pour une moyenne de 2531 mots quotidiens.

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Note préalable :

Ceci est un pep talk collectif pour les wrimos qui me suivez. Il n’a d’autre but que de me faire perdre du temps sur mon nano à moi. Bande de fumistes qui n’avez rien demandé…

Le sergent instructeur Hartman est un personnage tyrannique dans Full Metal Jacket. J’ai pris sa voix et son chapeau pour vous envoyer à tous un petit message d’encouragement plein de psychologie humaniste et sans aucun second degré par peur des brûlures.

En espérant vous motiver, inspirer, encourager, [insérer dictionnaire de synonyme] !

Merle

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Un pep talk éloquent de la part du sergent instructeur Hartman

Très bien, bande de petites fientes moisies sur le derrière d’un âne et léchées par une vieille carne. Ici le sergent instructeur Hartman. Avec moi, vous pouvez vous dire une chose, c’est que ça va baver de la littérature. Et au décalitre, oui ! Ici, il y a pas de gonze et pas de gonzesse qui tiennent. Je vois qu’une bande de sales wrimos qu’ont qu’une idée en tête, avaler des kilomètres de mots comme si c’était de la confiture à faire becqueter au grand Compteur de mes deux lanternes, puis se faire valider la lessive à peine lavée et sans l’avoir essorée. Parce que je vais vous dire une chose, bande de p’tites boules de pus qui attendent que mes doigts pour être pressées, désormais, c’est vous que je vais essorer à grands coups de batoir dans les gencives. Je vais pas vous écraser les arpions, faut bien que vous puissiez tapoter sur votre petit clavier en pleurnichant de plus avoir de dents.

Et alors ? C’est pas avec vos dents que vous allez l’écrire, votre roman. C’est avec votre sang, votre sueur, vos ongles rongés jusqu’à la lunule. Et si vous avancez pas assez vite, ça sera avec votre front que j’aplatirai personnellement contre votre clavier ou votre tablette de mes fesses.

On veut faire de la littérature, on veut écrire un roman ? Alors qu’est-ce qu’on attend pour visser ses joues arrière derrière son clavier pour écrire cent mots d’un trait sans respirer ? C’est ma mère qui doit vous l’écrire à votre place, peut-être ? Vous avez besoin d’une dictée ? Ma mère, elle a autre chose à cirer que vous tirer les prunes du blase pour coucher sur écran la centaine de mots quotidiens qu’il vous manque. Et de toute façon, ma mère, la dernière fois qu’elle a utilisé un ordinateur, c’était pour encadrer la tête de l’huissier qu’elle pouvait pas voir en peinture. Tout de suite, ça rigole moins quand ça pense à ma mère. Parce que j’ai qu’un coup de fil à lui passer et elle branche le turbo sur son déambulateur pour rappliquer dare-dare devant votre taule. Elle se déplace jamais gratis, la mère Hartman. Quand elle voyage, c’est elle-même qui fait voir du pays ! Elle a la mornifle comme une agence de voyage. C’est la Thomas Cook de la torgnole. Une giroflée et c’est le décollage.

• Pour celles et ceux d’entre vous qui seraient en avance, vous croyez pouvoir traînasser dans la décontraction de votre bulbe ? Et puis quoi encore ? Faudrait pas croire qu’on peut s’endormir sur ses lauriers, parce que les lauriers, ils sont pas à vous. En revanche, j’ai une tripotée de branches de houx à vous carrer sous les miches pour celles et ceux qui pencheraient du bec.

• Il y en a d’autres qui seraient sûrement un peu ric-rac. Vous connaissez la fable du lièvre et de la tortue, hein ? Moi oui, parce que je suis sergent instructeur, je suis cultivé, moi. Mais bon, je m’en souviens pas. Je préfère la fable du pain dans la gueule du mitron. C’est une fable à moi que j’ai écrite en 50000 mots dont 45898 fois le mot BORDEL. Dans l’histoire, le pain, c’est moi et le mitron, je vous laisse deviner si vous sifflotez pas du pinard à la place de la jugeote. Et ce qui se passe avec la fable, c’est que si vous me gonflez la levure, j’enfarine, je pétris à coups de boule, je distribue les croûtons à tour de bras. Il paraît qu’il faut une morale parce que sinon, c’est pas une fable. Tartinez-moi encore plus de mots ou je fais le messie, je multiplie les petits pains dans les grandes gueules. C’est une bonne morale, non ?!

• Et enfin, on arrive à mes petits chéris, mes petites amours. Les retardataires. Ça se voit pas parce que c’est un message écrit, mais j’ai les ratiches qui montent jusqu’aux esgourdes rien que de penser à vous. J’ai même changé de dentifrice exprès pour vous. C’est du “Blancheur Plus,” ça donne éclat et prestance, que ça dit sur la boîte. Alors je vous le demande, qu’est-ce que vous préférez recevoir dans le fondement en premier pour vous faire avancer ? De l’éclat ou de la prestance ? Je vous préviens, bande de nanoteurs en goguette, si tout ce qui brille n’est pas d’or, parfois, ça entre profond dedans. Je chausse petit, mais je chausse ferré. Et garni de picots rouillés. Je suppose que vous, la tripotée de rebuts de bastringue, vous n’avez pas envie de vous choper un vilain tétanos de l’arrière-train, si ? Alors arrêtez de vous gratter à l’avance les miches, sortez-vous le baobab qui vous vrille le troufignon et écrivez jusqu’à perdre un doigt ! Et si vous n’atteignez pas le quota ou si vous avez toujours tous vos doigts à la fin de la journée, vous m’en voudrez pas si je donne libre court à mon quota personnel de violence au cure-dent, ma spécialité de combat depuis le Vietnam, quand je fus coincé dans les tranchées ennemies avec pour seule arme, une simple écharde plantée dans un endroit de mon anatomie que la décence et le secret militaire m’empêchent de révéler publiquement.

Alors, jouez pas aux petites endives braisées, attendez pas que l’inspiration vienne se servir à votre plat. Si ça se passait comme ça, vous croyez qu’on mangerait des endives ? Et braisées en plus ! Non, dans la réalité, les endives, elles se cuisinent toutes seules et elles viennent squatter notre assiette sans qu’on s’en rende jamais compte. Réfléchissez deux secondes : une salade qui pousse dans le noir, pas verte et qui se mange cuite ? On nous ferait avaler ça ?

L’inspiration, c’est la même chose, même si je suis plus trop sûr de ma métaphore. Mangez pas d’endives, vous mangerez quand vous serez morts. Allez chercher votre muse avec les dents sauf si je vous les ai arrachées et NANOTEZ sans rien faire d’autre. Ne respirez que tous les 100 mots, ne mangez rien tant que vous n’avez pas atteint votre quota. Ne vous lavez plus, vous peignez pas, ça ne sert à rien, vous ne verrez personne pendant un mois.

Message optionnel :

Je suis sergent instructeur, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas d’âme. D’accord, pour remporter mon premier NaNoWriMo, je l’ai laissée en leasing au diable et depuis, quand il en a besoin, il vient la prendre pour un siècle ou deux. Il paraît qu’il voyage. Toujours est-il que, avec mon empathie de coin de table, je n’ai pas été insensible à votre curée littéraire. Voici donc quelques mots à placer si jamais il vous en manquait. Profitez, j’en ai plein, je les use peu à part «miches» et les autres synonymes pour parler des fesses.

Quelques mots à placer, donc, pour gagner 5 mots de plus au compteur :

MARASME, HOUSEAU, ECHANSON, NYCTHEMERE, TYROLIENNE

J’aurais pu donner des mots plus courants, mais c’est pas EDF, ici.

Et enfin, un dernier pour la route, mais qui n’existe pas. À vous d’en inventer une définition que vous pourrez placer dans votre nano-roman et gagner quelques mots de plus : AJOUARBE

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

QU’EST-CE QUE VOUS FICHEZ ENCORE LÀ, À TRAÎNASSER EN BAS DE CETTE PAGE ?? VOUS N’EN AVEZ PAS MARRE DE SCROLLER APRÈS TOUTE LA BAVANTE QUE JE VOUS AI CRACHÉE ? VOUS VOULEZ VOUS FOULER L’INDEX OU QUOI ?

HEIN ? VOUS CROYIEZ PEUT-ÊTRE QUE J’ALLAIS TERMINER PAR UN PETIT BISOU ? ET PUIS QUOI ENCORE ? VOUS AVEZ JAMAIS ENTENDU PARLER DES RHUMES ???